Le gibet de Croissy

Le long de l’avenue des tilleuls, au bord du trottoir côté Seine, six énigmatiques pierres au pied d’une croix. Ce sont les derniers vestiges des exécutions capitales de l’époque féodale.

Carte postale éditée en 1905
Archives municipales 4Fi1641

Jadis, les seigneurs de Croissy avaient le droit de Haute Justice sur leur terre. Ils pouvaient y prononcer toutes les peines, y compris la peine capitale.

Des montants de bois de section carrée venaient se loger dans six pierres rondes destinées à assurer la base de trois potences, appelées aussi fourches patibulaires

Un des socles des potences

Elles étaient constituées chacune de deux poteaux supportant une traverse à laquelle étaient pendus les suppliciés. Les corps y restaient exposés, à la merci des corbeaux, toute inhumation leur étant défendue.

Symbolique et dissuasif, ce gibet avait été installé à l’écart du village, sur un lieu de passage - la route reliant Chatou à Croissy - pour représenter le pouvoir tout puissant du seigneur au regard des passants mais aussi… pour décourager d’éventuels criminels.

Le gibet au bord de l'avenue des tilleuls - détail du terrier de Croissy, 1781
Archives municipales 3S1

Le site a été complètement réaménagé en 1899 par l’architecte parisien Lucien Tropey-Bailly.
C’est un des rares gibets encore visibles en France.


Le pilori destiné aux humiliations publiques et aux punitions corporelles était situé au coin de la grande rue et de la rue de l’abreuvoir. Il a par contre complètement disparu depuis longtemps…


Article paru dans "Coté Croissy" n°91 - décembre 2018

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