Croissy a des soucis... mais aussi de belles espérances

Article paru dans LIntransigeant le 19 avril 1932 :

Le train met à peine une demi-heure pour franchir la distance qui sépare la capitale de Croissy, cité mi rurale, mi résidentielle, assise sur les bords de la Seine, devant Bougival.

L'Intransigeant - 19 avril 1932

Des chemins en mauvais état

Nous avons parcouru le chemin qui mène de la gare de Chatou au centre de Croissy. Au cours de cette promenade forcée - puisqu’il n’y a pas dans Croissy de service d’autobus à départs fréquents - nous avons pu constater que les rues, sans être envahies par la boue, avaient grand besoin d’être aménagées. Certains trottoirs ne sont formés que par des amas de terre entassés !
Le problème de la voirie est sans doute celui qui revêt le plus d’importance dans la petite ville où, depuis ces dernières années, d’importants travaux d’aménagement ont été effectués. En tout dernier lieu, la municipalité que préside M. Meynot, a pu faire poser un réseau d’égouts qui a coûté 2 millions 500 000 francs. Les travaux sont terminés depuis huit jours.
Ainsi parmi les localités qui comptent moins de 4.000 habitants, Croissy aura été une des premières villes de Seine-et-Oise complètement assainies.

La menace des inondations

La commune serait donc relativement heureuse et favorisée si le danger des inondations ne pesait lourdement sur elle. Cet hiver, un temps exceptionnel a laissé les riverains des bords de la Seine dans une tranquillité relative ; il n’en est pas, hélas, souvent ainsi. Comme les habitants de Bougival, ceux de Croissy n’ont qu’une confiance très limitée dans les travaux d’aménagement de la Seine exécutés il y a quelques mois. Il est assurément difficile, dans ce domaine, d’apporter de complètes améliorations.

Un quartier de mal-lotis

Croissy, où se trouvent encore de nombreux maraîchers, a échappé par miracle à l’épidémie des lotissements qui s’est fait rudement sentir dans la région parisienne. Un seul lotissement y existe. Il pourrait bénéficier des avantages de la loi Sarraut. « Malheureusement, nous a dit le secrétaire général de la mairie, nous rencontrons de grosses difficultés en ce qui concerne la constitution du syndicat, les habitants de ce petit quartier n’arrivant pas à se mettre d’accord.»
Nous l’avons visité le lotissement qui se trouve non loin de la Seine, rue Augier prolongée (NDLR : actuelle rue Paul-Déroulède et ses rues adjacentes). Les habitants n’y sont pas heureux. Ils manquent d’eau potable ; leurs chemins sont à peine tracés. Il faut espérer que les mal-lotis parviendront enfin à se constituer en association pour bénéficier d’une loi généreuse.

L'actuelle rue Paul-Déroulède

Des classes dans des baraques en bois

La population de Croissy est passée de 2 000 habitants en 1914 à 3 582 en 1931. Cet accroissement a eu sa répercussion sur la population scolaire qui s’est trouvée brusquement accrue. Il a fallu parer au plus pressé. Une classe et une garderie ont été installées dans un bâtiment en bois où l’été les enfants souffrent de la chaleur.
Une telle situation ne pouvait durer. Il a fallu prendre des dispositions. La construction d’un groupe scolaire dans le parc de la mairie a été décidée. Les plans sont terminés et le dossier du projet a été remis aux services de la préfecture de Seine-et-Oise. Le nouveau groupe sera affecté aux filles, l’ancien groupe scolaire des filles deviendra celui des garçons, et ce dernier sera transformé en école maternelle (NDLR : ce projet restera sans suite).


Les bâtiments provisoires dans le parc Leclerc (parc de la mairie)

Des projets

Le maire a par ailleurs nombre de projets. Il voudrait notamment agrandir le bureau de poste, insuffisant, et transformer la mairie installée dans une ancienne villa. Mais pour réaliser ces projets, les ressources font défaut.
La municipalité de Croissy a tourné alors ses regards vers l’établissement de son plan d’aménagement. Elle a l’intention de le faire mettre à l’étude dès maintenant. Les communes y sont d’ailleurs, depuis peu, obligées par la loi sur l’aménagement de la région parisienne, mais aucune date n’a encore été fixée. Ce plan est nécessaire et ménagera l’avenir de cette cité qui doit demeurer ce qu’elle est : une des villes les plus agréables de la région parisienne.
Croissy offre, en outre, l’avantage de posséder une distribution d'eau qui rend jalouses bien des agglomérations moins bien partagées. La nappe d’eau de Croissy qui alimente la commune permet d’alimenter également une vingtaine de communes environnantes. C’est là un avantage réel et important pour l'avenir.

Gilbert Fretin.


Source :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7936280/f7.item

1 commentaire:

  1. Et oui déjà à cette époque Croissy était une commune privilégiée, et elle l'est toujours !

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