La Chapelle Saint-Léonard : au Moyen Âge

Une petite église paroissiale dédiée à saint Martin existait déjà à cet emplacement sous les derniers rois Mérovingiens (VIIe siècle) comme l'attestent les sépultures et sarcophages de cette époque découverts depuis la fin du XIXe siècle.

En mars 1211, l’évêque de Paris en fait donation au Chapitre de chanoines de la collégiale Saint-Léonard de Noblat dans le Limousin. L’évêque de Paris participe alors à la Croisade contre les Albigeois aux côtés de Bouchard, seigneur de Marly et Croissy. Bouchard avait été captif des Albigeois puis libéré. Saint Léonard de Noblat étant le saint patron des captifs, est-ce la raison pour laquelle l’église d’un de ses fiefs fut donnée en remerciement au Chapitre de Noblat ? Croissy est en tout cas la seule paroisse dépendante de la collégiale en dehors du Limousin. A partir de cette donation, l’église paroissiale de Croissy prend le double vocable Saint-Martin Saint-Léonard.


Le portail de l'ancienne église Saint-Léonard

Construite en pierres calcaires locales, l’église est composée d’une simple nef de trois travées terminée par un chœur en voûte d’ogives sexpartite avec une clé de voûte figurée. Les ogives sont portées par des colonnettes engagées surmontées de chapiteaux à feuillages. La façade est surmontée d’un clocheton de bois dans lequel on accède par un escalier situé en hors œuvre dans une tourelle percée de deux meurtrières.

Dès le XIIIe siècle, la petite église de Croissy fait l’objet d’importants pèlerinages. Saint Léonard de Noblat était invoqué pour les captifs mais aussi pour les femmes enceintes et les jeunes enfants malades.
Dans les années 1280, lors de l'enquête pour la canonisation du roi Louis IX, le procès-verbal du 23e miracle attribué au roi évoque le pèlerinage effectué (en vain) à Croissy en 1274 par une dénommée Marie dont le fils était malade.

Dans le premier quart du XVe siècle, la renommée de l’église de Croissy est confirmée par un testament rédigé par la veuve de l’ancien président du Parlement de Paris. Elle souhaite que quatre pèlerinages soient effectués auprès des reliques qui font à l’époque l’objet de nombreux voyages de dévotion : la Vierge noire de la cathédrale de Chartres, la Vierge noire de l’église de Liesse-Notre-Dame en Picardie, les reliques de saint Côme et saint Damien de l’église de Luzarches et… la chaîne de saint Léonard de l’église de Croissy. Il s’agissait en fait d’un ex-voto considéré à tort comme étant la chaîne du saint (qui n’a jamais été captif).

Saint Léonard et deux captifs, miniature du XIVe siècle
Extrait du Speculum Historiale
BNF/Gallica NAF 15944 - f. 37v
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Sources :
Bibliothèque nationale de France, département des manuscrits : Ecclesiae parisiensis chartularium, Latin 556 ; Vie et Miracles de saint Loys, Français 4976 et 5716.
Archives nationales de France : Registre des testaments enregistrés au Parlement de Paris 1400-1421, Testament de Simonnette La Maugère, femme de Robert Mauger, premier président du Parlement de Paris X1A 9807.

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