Ils avaient 20 ans en 1914

Les recensements militaires des classes 1911 à 1914 nous permettent de dresser un portrait fidèle des jeunes Croissillons de cette époque.
Chaque année, les hommes de 20 ans devaient être recensés à la mairie avant de partir effectuer leur service militaire pendant trois ans. En été 1914, juste avant le début de la guerre, les classes 1911, 1912 et 1913 sont toujours sous les drapeaux. Les natifs de 1894 se font recenser à leur tour. Qui étaient donc ces jeunes gens des classes 1911 à 1914 ?

Souvent prénommés Louis, Henri, Marcel ou Léon, ils habitent presque tous chez leurs parents et sont déjà dans la vie active (à l’exception de deux étudiants). On ne relève aucun chômeur ou chercheur d’emploi. 71 % d’entre eux ont arrêté leurs études à la fin de l’école primaire ; ils ne sont que 4 % à avoir obtenu leur bac. Grâce à l’école obligatoire, il n’y aucun illettré.
On les trouve principalement employés dans le secteur du commerce ou de l’artisanat et un peu moins dans l’industrie ou le maraîchage. Ils sont presque tous célibataires sauf deux, fraîchement mariés.
La moitié d’entre eux mesurent moins d’1, 66 m. Le plus petit 1, 55 m… le plus grand 1, 82 m. Sous les chapeaux et les casquettes, ils sont 66 % à avoir les cheveux châtains contre 17 % de blonds et 11 % de bruns.


Une classe de conscrits de Croissy
à la veille de la guerre

A cette époque, Croissy comptait déjà une demi-douzaine de clubs sportifs mais seulement 5 % d’entre eux ont un prix de gymnastique, 12 % un prix de tir, en revanche 71 % savent faire du vélo. Plus étonnant, 80 % ne savent pas nager, un comble pour l’ancien paradis du canotage et de la Grenouillère ! Il faut dire qu’il y a cent ans, la Seine était bien plus polluée qu’aujourd’hui. Ils sont 5 % à posséder le brevet de conduite automobile. Enfin, 12% savent jouer d’un instrument de musique (piano ou instrument de fanfare).

Ce sont des jeunes Croissillons en bonne santé ; seulement 6 % d’entre eux seront réformés. Pour ces seules classes 1911 à 1914, au cours des quatre années de guerre qui vont suivre, près d’un quart d’entre eux vont mourir au combat (la classe 1913 étant la plus touchée avec 35 % de décès). La moitié des poilus survivants ne dépasseront pas 40 ans... Pour les réservistes des classes 1886 à 1910 mobilisés plus tard, le pourcentage de décès sera toutefois moins élevé.

Article paru dans "Côté Croissy" n°69 – juillet 2014.

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Sources :
Archives municipales, listes nominatives du recensement militaire, 1911-1914, 1 H 1,
Archives municipales, fonds iconographique, 4 Fi,
Archives départementales des Yvelines, registres d’incorporation militaire de Seine-et-Oise, 1911 à 1914, AD 78 1R/RM 445 à 1R/RM 517.

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