La Maison de Charité

La construction de la Maison de Charité, 1851,
Archives de Croissy, 6 M 3
Lorsque le marquis d’Aligre s’éteint en 1847, la commune de Croissy, dont il était un des plus grands propriétaires, se voit attribuer un legs de 150 000 francs destiné à la fondation d’un petit hôpital.
Suivant ses volontés, le conseil municipal décide de construire une « Maison de Charité », dispensaire desservi par les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. Ce bâtiment ne pouvant être important étant donné le nombre peu élevé d’habitants, le maire Péron réussit très habilement à orienter la destination du legs vers d’autres buts que les simples soins aux malades. Aussi, il est décidé que la Maison de Charité n’occupe qu’une petite partie du nouveau bâtiment, avec une pharmacie, une infirmerie, quelques lits de malades, le reste étant occupé par les salles de classe de l’école de garçons et de l’école de filles.

Œuvre de l’architecte Charles Fauconnier, la Maison de Charité a été inaugurée en été 1852. De style classique, la façade symétrique se déploie de part et d’autre d’un portique couronné d’une horloge et d’un petit campanile.
Au départ, le bâtiment était partagé en deux. Dans l’aile gauche, cinq sœurs de Saint-Vincent-de-Paul gèrent le dispensaire médical et l’école des filles. Dans l’aile droite, l’école laïque de garçons et les appartements des instituteurs. Après le départ des religieuses et de l’école de filles en 1888, l’établissement est pendant un demi-siècle entièrement occupé par l’école primaire de garçons.

L'école de garçons et la place d'Aligre vers 1900

Les écoliers quittent le bâtiment en 1939 pour le nouveau groupe scolaire aménagé au château. En 1945, la Maison de Charité est transformée en école maternelle. Désaffecté en 1956, le bâtiment va tomber progressivement en ruine. Au milieu des années 1960, le syndicat d’initiative de Chatou-Croissy relaie une pétition de Croissillons alarmés par l’état préoccupant de l’édifice. Le maire Hostachy envisage de construire à sa place une caserne de pompiers ou un immeuble HLM avec une maison des jeunes au rez-de-chaussée. Mais en 1974, l’arrêté d’inscription aux Monuments Historiques pris par le Ministère de la culture contre l’avis de la municipalité, oblige la commune à conserver le bâtiment.

La Maison de Charité dans les années 1970


Enfin, en 1980, le maire Courtel décide la réfection complète, achevée trois ans plus tard. Entre temps, l’animation et la gestion du site a été confiée à une association, Les Amis de la place d’Aligre et du vieux Croissy, qui y programme des évènements et y propose plusieurs cours d’enseignement artisanal et artistique : peinture, sculpture, reliure, théâtre, etc. Avec ces ateliers, la Maison de Charité renaît sous forme d’espace culturel. En 1988, l’ensemble de ces activités est intégré dans l’Office Municipal de la Culture (OMC). La grande salle du rez-de-chaussée accueille de 1992 à 2000 les séances du conseil municipal et les célébrations des mariages tandis que l’aile droite est réaménagée en 1997 en école municipale de musique. Dans la cour arrière, un bâtiment est construit pour les cours de dessin et de peinture.


Depuis la dissolution de l’OMC en 2000, les différents ateliers d’art se sont mués en associations. L’école municipale de musique a quitté les lieux au printemps 2013. Avec l’ouverture de l'Espace Jeunes début 2014, la Maison de Charité commence un nouveau chapitre de son histoire.

La Maison de Charité aujourd'hui
 
Article paru dans "Côté Croissy" n° 67 – avril 2014.

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