Le projet de voie sur berges, 1974

A Croissy (comme à Paris à la même époque), face au développement sans cesse croissant du trafic routier, les élus décident d’utiliser les bords de Seine pour la construction d’une voie sur berges. Le projet concerne tout le secteur situé entre le pont de Bougival et celui de Chatou.

Ce projet d’autoberge était déjà dans les cartons du Ministère de l’Équipement au début des années 1960. Depuis la reconstruction et l’élargissement du pont de Croissy-Bougival (1968), la nouvelle quatre-voies qui descend de La-Celle-Saint-Cloud et Bougival diffuse sa circulation dans la boucle de la Seine par la rue des ponts et la patte d’oie. Cet axe est devenu un passage obligé pour les milliers de véhicules qui chaque jour passent d’une rive à l’autre.




En février 1974, le maire Fernand Hostachy fait voter à son conseil une délibération demandant aux pouvoirs publics d’entreprendre "de toute urgence" la construction d’une quatre-voies qui, partant du pont de Croissy-Bougival, empruntera l’avenue Émile-Augier, suivra ensuite la berge de la prairie puis la berge de la Grenouillère en direction du pont de Chatou. Évidemment, pour permettre le tracé d’une quatre-voies de 20 mètres de large, de nombreuses propriétés de l’avenue Augier et des bords de Seine seront frappées d’alignement et partiellement détruites.
La réaction des riverains et de nombreux habitants de la région est immédiate… et hostile. Une association d’opposants dépose aussitôt ses statuts. Les journaux locaux se font l’écho des protestations contre ce projet : "un massacre du paysage", "la destruction d’un site irremplaçable". Cependant, une majorité de Croissillons est plutôt favorable : pour eux, moins de voitures et de poids lourds en centre-ville, moins de bruit, moins de danger, davantage de fluidité. 
La Direction départementale de l’Équipement qui travaille sur ce projet depuis longtemps, répond à la demande du maire Hostachy. Le projet verra bien le jour mais… pas tout de suite. Les difficultés techniques et financières risquent de prendre encore plusieurs années.


Après avoir fait plusieurs fois les gros titres de la presse locale tout au long des années 1970, le projet de voie sur berges à Croissy est finalement abandonné au début des années 1980 au profit de l’A86 de l’autre côté de la Seine, à Rueil-Malmaison. Faut-il le regretter ? En tout cas, Croissy a échappé à la destruction d’un lieu de promenade que beaucoup de communes proches lui envient aujourd’hui !

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Sources :
L’Écho de Chatou-Croissy, septembre 1974,
Le Courrier républicain, 13 février, 13 mars et 31 juillet 1974, 22 octobre 1975, 28 juillet 1976,
Archives municipales, registre des délibérations du conseil municipal, 1 D 22,
Archives municipales, dossier du projet de voie sur berges, 2 O 203,
Archives municipales, association de sauvegarde des promenades et des sites de Croissy, 7 T 3,
Archives municipales, comité rive-droite, 7 T 4,
Archives municipales, fonds iconographique, 4 Fi.

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