Dalle funéraire de Françoise de Patrocles, 1690

Chapelle Saint-Léonard (ancienne église).
Dalle funéraire de Françoise de Patrocles, 1690.
Restaurée en 2013.

Cette grande dalle se trouvait primitivement sur le sol de la nef, côté chœur, vis-à-vis du maître autel. Elle a été retournée lors de l’exhaussement du sol en 1730. Découverte lors des fouilles archéologiques de 1886, elle a été scellée sur le mur de la nef. Descellée lors des travaux de 1978, elle a été entreposée pendant 35 ans à l'abri des regards avant d'être restaurée en 2013 par l’atelier Donné-Donati de Malakoff et scellée à nouveau sur le mur gauche du chœur.
Hauteur : 183 cm, largeur : 76 cm, épaisseur : 4,5 cm.
Pierre calcaire gravée.

A gauche : avant restauration, à droite : après restauration (2013)

Inscription :
D.O.M.
HIC JACET NOBILIS VIRGO FRANCISCA DE PATROCLES
HVIVS LOCI DOMINA GALLIARUM DELPHINAE CVBICVLARIA
OFFICIVM CLARO GENERE, PARENTES MAJORI VIRTVTE
DECORAVIT FOELICIOR IPSA ET ILLVSTRIOR, TANTAE PRINCIPIS
SINGVLARI BENEVOLAENTIA FAXIT DEVS VT QVAM IN TERRIS
HABVIT DOMINAM, IN COELIS DETVR, VIDERE SOCIAM OBIIT
ANNO DOMINI 1690 DIE 26 DECEMBRIS AETATIS SVAE
TRIGESIMO PRIMO
Haec moerens et lugens charissimae nepti
Sibi citius ereptae posuit avunculus ejus
Stephanus Dansse Regiae consiliis
Et Elemonisiis, abbas de Doudeauville.


Iconographie :
Dans le bas de la dalle, deux amours soutiennent par des palmes un écu losangé (fille) aux armes de la famille de Patrocles : un écu chevronné à trois merises, deux en chef et une en pointe. L’écu est surmonté d’une couronne. Aux pieds de ces deux figures allégoriques et au-dessous de l’écu est gravée une tête de mort tournée vers la gauche et posée sur un livre fermé.


(détail)

Éléments biographiques :
Françoise est le neuvième enfant et la troisième fille du chevalier de Patrocles et de Louise Angélique d’Ansse. Elle est née à Paris en 1659 est fut baptisée à l’église Saint-Rémy dans l’enclos de l’hôpital des Quinze-Vingts.
Restée célibataire, elle administre la seigneurie de Croissy dans les années 1680 car son père, âgé et veuf, est aveugle, et son unique frère, René de Patrocles, est capitaine aux armées du Roi. 
Elle est femme de chambre de Marie Anne Christine de Bavière (1660-1690), épouse du Grand Dauphin fils de Louis XIV. La Dauphine meurt en avril 1690, on lui alloue une rente perpétuelle de 400 livres gagée sur les aides et gabelles. Françoise de Patrocles décède le 26 décembre 1690 à l’âge de 31 ans. Le prieur-curé de Croissy est alors l’historien Aubert de Vertot, qui signe l’acte. Elle a été inhumée dans l’église comme l’indique son acte de décès figurant dans le registre paroissial :
"Le vingthuictieme decembre de la presente année 1690 a eté inhumée dans le cœur de cette eglise damoiselle Françoise de Patrocles femme de chambre de feu Madame la dauphine, apres avoir reccu tous les sacremens de l’eglise. Elle a été inhumée le cœur du coté gauche. F. Devertot. Pierre Legay."
Archives municipales, 1 E 2, f° 44.


C’est son oncle maternel, Étienne d’Ansse, aumônier de Louis XIV, abbé commendataire de Doudeauville, prieur de Carhaix, qui lui a fait ériger ce monument, comme nous l’indique le quatrain en bas de l’épitaphe.

"Cette composition fort simple a un véritable cachet de bon goût et de distinction qui frappe autant l’observateur que nous l’avons été nous-mêmes, au moment où nos fouilles l’ont révélée. C’était du reste notre première trouvaille dans l’église de Croissy, aussi a-t-elle été pour nous un véritable encouragement à poursuivre la tâche que nous avions commencée." (Notice sur les fouilles faites dans l’ancienne église de Croissy en novembre 1886, Adrien de Mortillet et Fourdrignier, extrait pp. 131 à 149 du Bulletin de la Commission départementale des Antiquités et des Arts de Seine-et-Oise, volume IX, 1889).


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