Sylviane F., croissillonne de 1948 à 1962

Aujourd'hui en Mayenne, Sylviane F., nous fait part de ses souvenirs.

"J’ai vécu à Croissy, rue des moulins, de ma naissance en 1948 jusqu’en 1962, date de mon certificat d’études.
Je vous envoie une photo de cette année-là avec la directrice Mademoiselle Guérinelle. Elle aimait la musique qu’elle jouait sur un piano de table en remuant une manivelle sur le côté. Tous les vendredis en fin d’après-midi on chantait. Elle nous a appris la Marseillaise, le Chant du Départ que je connais encore et des chansons basques.

Depuis le CP avec Madame Ponomareff qui m’a appris à lire, j’ai entendu tous les matins et les midis, le sifflet de la directrice pour rassembler les élèves, un premier coup on s’arrêtait de courir ou de parler dans la cours, le deuxième coup on se mettait en rang devant nos classes respectives, puis on entrait en silence dans les classes.

En classe de CM2 nous avons géré une bibliothèque, chaque semaine ou tous les quinze jours, une responsable de classe était chargée d’acheter un livre avec une caisse qu’on alimentait par petits dons, j’avais acheté "Sans famille", c’était une grande responsabilité.

Je suis allée à l'école maternelle de la place d'Aligre dès l’âge de 2 ans, ma mère, veuve, travaillait à l’usine Neiman. Je me souviens des couvertures rêches lors de nos siestes sur des lits de camp l’après-midi, des tilleuls devant l’école et des grandes fenêtres de la maternelle.

J’avais des amies « galiennes » elles vivaient en communauté dans une institution de la Grande rue, leurs familles ne pouvant pas s’en occuper. Elles arrivaient le matin en rang depuis le vieux Croissy jusque dans le parc et entraient dans la cours de l’école.

En fin d’année, une estrade était dressée dans le parc Leclerc, les élus municipaux sur des chaises, nous remettaient des prix, pour les premiers prix et le prix de camaraderie la fanfare jouait la Marseillaise, c’était très officiel et impressionnant.

J’habite aujourd’hui en Mayenne, le hasard a voulu que mon médecin généraliste, soit également de Croissy, nous aimons nous rappeler Croissy. C’était une commune très dynamique, on ne peut oublier la Fête de la Carotte, les chars décorés de légumes et de fleurs, des manèges dans le Parc et au rond-point, les batailles de confettis, et les spectacles de grande qualité, nous avons vu la patrouille de France, la cavalerie républicaine, les gymnases des pompiers de Paris, que de bons souvenirs. Croissy est bien resté dans nos cœurs.

Je m’appelais Sylviane Varin, j’ai le souvenir de camarades que j’aimais beaucoup et que j’ai perdu de vue, qui habitent peut-être toujours à Croissy. La vie est ainsi faite, l’on va poussé par le vent du destin
".

Sylviane F.

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