Pierre-Dominique Campan (1722-1791) : bibliothécaire et secrétaire de Marie Antoinette

Des fastes de Versailles à la fuite à Varennes, ce Croissillon fut un proche et fidèle serviteur de Marie-Antoinette. Il s’est trouvé aux premières loges d'événements qui ont bouleversé la France et son Histoire.
 

Originaire de la vallée de Campan, au cœur des Pyrénées, où il est né en 1722, Pierre Dominique Bertholet en prend le nom quand, dans les années 1740, il est nommé à Versailles garçon puis officier de chambre ordinaire de la reine Marie-Leczinska, dont il épouse une des femmes de chambre.
A la mort de la reine en 1768, il accède à la charge de maître de la garde-robe de la fille du roi, Madame Adélaïde, avant de devenir 10 ans plus tard, secrétaire du cabinet de la jeune reine Marie-Antoinette, un poste qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort.
Il est aussi nommé régisseur du petit théâtre sur les planches duquel Marie-Antoinette aime à se produire devant ses proches. Plus tard, au Petit Trianon, il se voit chargé des ordres relatifs aux fêtes intérieures de la reine. Mais surtout, il occupe le poste de bibliothécaire de la reine. Une sinécure… Lors d’une visite à Versailles de l’empereur d’Autriche Joseph II, frère de la reine, celui-ci ironise : "Il n’y a sûrement pas ici d’ouvrages sur les finances ni sur l’administration"! 


Son fils se marie à Henriette Genet, première femme de chambre, lectrice et confidente de Marie-Antoinette et qui laissera sur elle de célèbres Mémoires. Pierre-Dominique partage de ce fait non seulement l'intimité de la reine, mais aussi de nombreux secrets d'État.


Il découvre Croissy au printemps 1785 grâce à sa belle sœur Madame de Vareilles, femme de chambre de la reine.
Pendant sept années, la famille Campan séjourne régulièrement dans l’hôtel particulier du 6 bis Grande rue loué au financier Bauldry de Marigny, à proximité d'autres "résidences secondaires" (comme on ne disait pas alors) de parents et d'amis. Cette belle bâtisse, construite par l’architecte Nicolas de l’Espine qui y demeurait au XVIIIe siècle, est entourée d’un vaste parc et surplombe la Seine.


L'hôtel particulier du 6 bis grande rue.
La famille Campan se lie d’une vive affection avec le seigneur du lieu Jean Chanorier. Croissy abrite alors une véritable petite colonie versaillaise : de Laurencel, procureur général, "l’homme le plus instruit sur les dessous de l’affaire du collier", Mesdames de Beauvert et de Vareille, femmes de chambre de la reine, le jeune comte de Forges de Parny, poète, le financier Travers de Beauvert et le fermier général de La Haye des Fossés, une des plus grandes fortune du royaume.

De service dans la nuit du 5 au 6 octobre 1789, quand les femmes de Paris se rendent à Versailles pour ramener la famille royale dans la capitale, il demeure auprès de la reine : "dans cette nuit même, il passa de la plus belle santé à un état de langueur qui le conduisit au tombeau en septembre 1791" racontera sa belle-fille dans ses Mémoires. Marie-Antoinette a une telle confiance dans ce vieux monsieur de 67 ans, que le 6 octobre au matin, après avoir vu ses appartements envahis, elle lui confie secrètement tous ses bijoux. Il suit le couple royal au palais des Tuileries à Paris. 


Épuisé et malade, Pierre-Dominique quitte les Tuileries en juin 1791 après le retour de la famille royale de Varennes. Il s’éteint quelques semaines plus tard. 


C’est Madame de Lamothe-Hosten qui reprend le bail de la propriété de Croissy avant de le céder en septembre 1793 à son amie la citoyenne Beauharnais, future impératrice Joséphine. Mais ceci est une autre histoire… 


Article paru dans "Côté Croissy" n° 27 - juillet 2007.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire