Les pompiers de Croissy

Depuis plus de 150 ans, ces volontaires veillent jour et nuit sur notre sécurité. Coup de projecteur et coup de chapeau aux Croissillons soldats du feu.
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, Croissy ne dispose pas de service de secours organisé. Depuis la Révolution, c’est le bataillon de la garde nationale locale qui doit lutter contre les incendies, mais avec des moyens réduits et une discipline souvent approximative... C’est pourquoi, lors de la dissolution de la Garde Nationale de Croissy en 1852, la municipalité décide de créer sa propre compagnie de sapeurs-pompiers.
La subdivision se compose alors de 43 hommes : tous maraîchers, commerçants ou artisans. En plus de leurs interventions, ils sont chargés d’assurer la visite préventive des fours et des cheminées et d’effectuer leurs manœuvres et exercices une fois par mois.
 

Premier témoignage sur eux dans la presse locale en été 1852 : ils chantent La Norma de Bellini devant une foule venue nombreuse pour l’inauguration de la Maison de Charité sur la place d’Aligre.
C’est grâce à une souscription publique qu’une pompe à incendie "aspirante et foulante" est acquise en 1884 par la compagnie. Longtemps conservée comme une précieuse relique, elle est aujourd’hui exposée au Pavillon d’histoire locale, à l'Espace Chanorier.
Munis de cette pompe dernier cri, nos pompiers affrontent en 1889 l’incendie de la Grenouillère. Un soir d’octobre, vers 22 heures, le feu se déclare dans la cuisine de l’établissement. Les pompiers accourent les premiers sur l’île… mais ils ne peuvent faire usage de leur pompe à incendie dont un des tuyaux a crevé dès qu'ils ont voulu commencer à manœuvrer ! Les pompiers de Chatou et de Bougival arrivent prestement mais ne peuvent déjà plus empêcher la destruction du célèbre bateau ponton dont il ne reste que quelques poutres à moitié carbonisées. La Grenouillère est complètement détruite.


En 1888, les pompiers s’installent dans le parc de la Mairie (Parc Leclerc). On y construit un garage pour remiser la pompe et le matériel de secours : il existe toujours, c’est l’actuel bureau de la Police municipale.
Le dynamique capitaine Moulin, à la tête du corps pendant plus de 40 ans (1925 à 1969), modernise les moyens dont dispose la compagnie. Il fait l’acquisition d’un fourgon pompe qui à lui seul remplace avantageusement la pompe à bras et les dévidoirs qu’il fallait auparavant traîner. Enfin, à chaque intervention, une sirène électrique remplace désormais l’appel du clairon.


Les pompiers de Croissy dans les années 1930. A gauche, le capitaine Moulin.

Cependant, en 1967, nos pompiers sont victimes d’une série d’articles diffamatoires parus dans la presse satirique suite à un incendie dans la rue des Gabillons. Accusés d’être équipés comme au Moyen-Âge (l’échelle en bois se consume et l’échelle en fer, brûlante, empêche l’intervention des pompiers qui n’ont pas de gants…!), le capitaine Moulin et le maire Fernand Hostachy démentent fermement.


La démolition de la mairie du parc Leclerc en 1993 entraîne la délocalisation du casernement dans des locaux provisoires au château où la compagnie reste pendant près de 15 ans.


Depuis 2007, le Centre technique municipal construit aux abords du parc omnisports du chemin de ronde abrite le nouveau centre de première intervention des pompiers et la compagnie, composée de 25 volontaires, n’est plus rattachée à la commune mais au Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS).
Malaises, fuites d’eau ou de gaz, accidents de circulation, incendies, nids de guêpes…, nos soldats du feu volontaires ne chôment pas. Les sorties en ambulance et l’assistance aux personnes blessées constituent aujourd’hui la majorité des interventions.


Dans un avenir proche, les sapeurs-pompiers quitteront la commune pour être regroupés avec ceux du Vésinet dans un centre de secours encore plus opérationnel.


Article paru dans "Côté Croissy" n°32 - mai 2008.



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