Les établissements Cellolac

49 avenue du Général-de-Gaulle. C'est dans une modeste usine, aujourd'hui détruite, que furent produits pendant près de quarante ans, les vernis dont étaient enduits la plupart des constructions aéronautiques.

Dans les années 1860, un certain Constant Lainé construit au milieu des champs maraîchers un petit bâtiment industriel dans lequel il aménage une buanderie. Devenue la buanderie Guyard en 1896, l'établissement concentre des activités complémentaires aux différentes blanchisserie de Croissy : repassage, séchage et pliage du linge.


Après la Grande Guerre, l'ingénieur argentin Carlos Duprat y installe la Société française de laquage afin d'exploiter une fabrique de laques et vernis. Une cinquantaine d'ouvriers s'activent dans l'atelier de fabrication des laques (broyage de minerais), l'atelier de mise en bidons métalliques, l'atelier de façonnage et d'application sur bois, métaux et autres. Mais la municipalité voit d'un mauvais œil ses activités polluantes et dangereuses (une explosion suivie d'un incendie avait occasionné la mort d'un jeune ouvrier) et exige de la direction de l'établissement la création d'un service incendie. Elle n'est pas la seule car de nombreuses pétitions sont envoyées par les riverains du quartier qui se plaignent "des fumées très opaques et des odeurs à base d'alcool et d'acide qui se déversent abondamment sur le voisinage, très nuisibles aux hommes et à la culture maraîchère".


Malgré tout, l'usine continue ses activités et dès les années 1930, c'est d'ici que partent les produits Cellolac, destinés à la protection des structures métalliques des avions. Fort de son slogan "Cellolac : haute résistance, résultat durable", l'établissement est réputé pour sa fabrication de produits spéciaux protégeant contre l'oxydation tout matériel métallique ou dérivant.
En 1939-1940, l'usine Cellolac passe des marchés avec l'armée française pour la peinture de camouflage des véhicules militaires. Pendant l'Occupation, son industrie a été aussi très recherchée par les Allemands.



Dans les ateliers, les matières premières sont dosées et minutieusement pesées puis versées dans les mélangeurs où elles sont brassées intimement. Recueilli, le liquide est ensuite malaxé et termine sa fabrication dans les laminoirs spéciaux. Cette dernière opération en assure la finesse qui fait la renommée des produits Cellolac. Précisons que la petite usine croissillonne fournit la majorité des usines d'aviation, Dassault en tête. Mais son champs d'activité ne se borne pas là et s'étend aux constructeurs de bateaux et aussi de véhicules automobiles qui utilisent fréquemment les vernis. En 1960, les établissements Cellolac, lauréats de deux concours internationaux, sont considérés comme la première industrie cellulosique de France.

Les vernis fabriqués portent des noms variés, souvent déterminés par la nature de leurs composants. On trouve le vernis cellulosique, d'usage courant, le Birlon et le Priminof. D'autres appellations sont aussi données : laques mates, laques brillantes, vernis craquelés, vernis au four, peintures martelées.
L'usine possède son magasin entrepôt qui est situé un peu à l'écart des autres bâtiments. Les services d'expédition et les bureaux complètent cette usine malgré la forte odeur des diluants (acétone) qui flotte dans l'air.

En 1963, Cellolac fusionne avec les Établissement Lory (un société française de peintures et vernis) et devient la Société française de peintures et vernis Celomer. En 1969, Celomer est absorbé par la SA des peintures international et devient International Celomer.

L'usine ferme alors ses portes et le site, désaffecté, est vendu en 1970 à une société civile immobilière qui y installe des bureaux d'étude et des entrepôts.
Enfin, en 1998, l'ancienne usine Cellolac est entièrement détruite et cède la place à... un programme immobilier de standing.

Article paru dans "Côté Croissy" n°18 - janvier 2006.

   

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire