L'avenue de Verdun

L'avenue de Verdun en 1975.
L’ancien chemin du Pecq est une des plus anciennes voies de Croissy. Urbanisé à partir du Second-Empire, il a reçu sa dénomination actuelle en 1923.

Route naturelle reliant le vieux Croissy au Pecq et à Saint-Germain, cette voie n’a longtemps traversé que des vergers et des champs : le Grand Arpent, les Graviers, les Bornes, les Pentes, le Grand Sentier, les Fermiers, les Présidents (déformé plus tard en Présidannes)...
La route longeait aussi une partie de l’enceinte du domaine seigneurial dont un vestige du mur et une tourelle sont encore visibles à l’angle de la rue du saut-de-loup.

A la veille de la Révolution, le comte d’Artois, frère cadet du roi Louis XVI et grand chasseur, possédait de part et d’autre de la route deux grands bosquets qui servaient de refuges pour les bêtes sauvages : l’Arpent maudit et la Remise du Vaussel. Le gibier y pullulait, ravageant les cultures toutes proches…
L’abolition des chasses royales en 1789 permit le développement de la culture maraîchère dans le quartier.

En 1792, le cimetière s’installe en bordure de la voie qui a pris le nom de route de Saint-Germain. Il occupait auparavant un minuscule terrain attenant à l’ancienne église de la Grande Rue.

Les premières habitations font leur apparition au bord de la route dans les années 1850. Ce sont toutes des propriétés de villégiature pour la bourgeoisie parisienne.
L’Ermitage, la première d’entre elles, est bâtie en 1857 pour un riche négociant qui cherchait la solitude dans ce petit coin de campagne. Son parc, loti dans les années 1930, s’étendait entre les actuels n°16 et 18. La villa principale subsiste toujours au n°20 de la rue Jean-Mermoz, une rue créée en 1938.
Désormais, la mode est lancée, et dès l’année suivante, d’autres "maisons bourgeoises" sont édifiées aux n°45, 22 et 28. Cette dernière, une élégante villa blanche, appartint à la danseuse et cantatrice Anna Dartaux. La diva y mourut en 1887.
L’industriel Ernest Dormeuil fait construire en 1875 sa villa des cèdres au n°1. Un souterrain passait sous la rue du saut-de-loup pour accéder à une partie du parc situé de l’autre côté de la rue !
Juste en face, au n°2, les architectes Bunel et Ewald édifient en 1884 la villa des myrtils, un véritable petit manoir de Sologne considéré alors comme un modèle du "néogothique raisonné".
Au n° 41 s’étendait le parc du château des bruyères, dont l’habitation principale, construite tout en briques en 1872, est toujours visible au n°9 de l’avenue Carnot. La propriété appartint à la très mondaine comtesse de Pourtalès qui y recevait le "Tout-Paris"…
La villa du n°30 bis abrita, entre les deux guerres, la poétesse américaine Ruby Boardman, et sa voisine du n°36 bis, le physicien Anatole Abragam.
Une vingtaine de petites maisons en meulière ont été bâties dans les années 1910-1920. Elles ont précédé les lotissements pavillonnaires "clés en mains" de la seconde moitié du XXe siècle. Le premier d’entre eux, l’allée des Capucines, a été créé en 1955.
A la même époque, des immeubles collectifs sont construits le long de l’avenue : la résidence de Croissy aux n°3 et 5 (1955), la Roseraie au n°17 (1958), la résidence SIMVER au n°41 (1958) et la résidence des Présidannes au n°54 (1965).

A la fin du XIXe siècle, une fabrique d’huiles et graisses industrielles s’installe au n°36, un établissement de glaçage de cols, plastrons et manchettes au n°40 et une teinturerie au n°39.
Des bains-douches sont construits en 1881 au n°10. L’établissement, qui comptait onze cabines de bains avec baignoires et trois douches, a fermé en 1939. Au début du XXe siècle, une carrière de sable est creusée au n°54 et une pépinière horticole s’établit aux n°8 et 7 (actuel magasin Fleurilège). Enfin, le supermarché Record a ouvert ses portes en décembre 1969 (actuel Carrefour Market).
Et n’oublions pas, au n°8, la Mairie inaugurée en novembre 2000. Il y a tout juste 10 ans !


Article paru dans "Côté Croissy" n°47 - novembre 2010.


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