Les établissements Neiman

Symbole et même synonyme de serrures de portières et d’antivols pour les véhicules automobiles, la firme Neiman exploita pendant plus de 50 ans sa principale usine à Croissy, à l’angle de la rue Maurice-Berteaux et de la rue de l’équerre.

La blanchisserie Vaillant vers 1900.
C’est sur un terrain où se dressait jadis un mégalithe appelé la Haute Pierre qu’Émilien Vaillant fait construire au début des années 1890 un bâtiment industriel dans lequel il installe sa blanchisserie. Un établissement qui devient rapidement le plus renommé de la ville. Vaillant utilise la belle et pure eau de la nappe phréatique de Croissy dont le limpidité donne, paraît-il, un éclat inégalé au linge…

Au tournant du siècle, une trentaine d’ouvrières s’active au lavage, essorage et repassage des linges de literie, de table et de toilette envoyés par les familles de la bourgeoisie de Croissy et des environs.
L’affaire est reprise au début des années 1930 par une blanchisserie de luxe, Régina, puis passe en 1938 à une société anonyme qui y établit une usine de "lavage et façonnage des celluloïds". On y rend transparents de vieux films en faisant disparaître l’impression cinématographique.


Après-guerre, le site est acheté par l’industriel Abram Neiman, inventeur d’un modèle d’antivol de voiture adopté par de nombreux constructeurs automobiles européens. Il y installe à la fin des années 1940 ses bureaux d’études ainsi que sa principale usine, la plus grande de la firme (qui comprend alors une fonderie à Boulogne, deux usines filiales en Allemagne et en Argentine sans compter les nombreux industriels qui fabriquent alors dans le monde l’antivol Neiman sous licence).


Les ateliers d’électrolyse, emboutissage, décolletage, moulage, montage, chromage emploient quelques 350 personnes dont 65 % de femmes (des ouvrières que l’on reconnaissait dans nos rues grâce à leurs blouses bleues). Dans le grand hall de l’usine s’alignent presses, tours, décolleteuses, appareils de vérification. Dans les années 1960-1970, la capacité annuelle de fabrication atteint cinq million de serrures et d’antivols pour automobiles. Pour cela, il rentre annuellement à l’usine plus de 550 tonnes d’alliages de zinc et d’aciers divers !


Les ouvrières de l'usine Neiman, 1964.
En 1978, Paul Lipschutz, directeur de l’usine, met au point le célèbre plip, un boîtier miniaturisé qui, d'une simple pression du pouce, permet de verrouiller ou de déverrouiller à distance par infrarouge les portières d’une voiture… Deux ans plus tard, en 1980, les premiers plips sont commercialisés, ils équipent la Renault Fuego.  


Publicité des années 1960.
Rachetée en 1987 par Valéo, deuxième équipementier européen, l’usine croissillonne devient Valéo-Neiman l’année suivante. Les activités de serrurerie sont transférées à Nevers : "La fabrication de serrurerie dans le site résidentiel de Croissy est totalement impossible en grande série" explique son directeur. L’usine change alors de spécialité, ne fabriquant désormais que des alarmes pour Renault et Peugeot.

Enfin, à partir de 1992, Valéo-Neiman quitte Croissy. Les responsables de l’entreprise ayant souhaité transférer leur unité à Meung-sur-Loire (Loiret) où ils disposent de bâtiments plus adaptés. Les derniers employés quittent l'usine croissillonne en janvier 1994.


Dans le cadre de la ZAC Multisites, le terrain et les bâtiments sont rachetés par la Ville et la mairie s’installe dans une partie des locaux désaffectés de l’usine de 1993 à 2000. 


Enfin, en 2001, le site est entièrement rasé. A sa place aujourd’hui : les immeubles du Hameau de Croissy, la crèche La Ribambelle et… le square des Blanchisseuses.


Article paru dans "Côté Croissy" n°17 - novembre 2005.



1 commentaire:

  1. Sympa l'idée de partager ce genre d'infos à travers un article complet.

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