Robert Berri (1912-1989) : le « dur » du grand écran

Avec sa silhouette massive et son ton bourru, ce Croissillon fut, pendant près de 40 ans, un acteur récurrent du cinéma populaire français. 

Robert-Louis Berri naît à Paris en 1912.
C’est lors de ses études au collège de Saint-Germain qu’il découvre le théâtre avec son camarade de classe Jean Marais. Ensemble, ils jouent dans leur chambre d’internat devant un public imaginaire. A 18 ans, c’est décidé, il intègre le Conservatoire Maubel où il apprend les rudiments du métier grâce aux bons conseils du comédien Georges Dorival de la Comédie Française. 


Il commence à jouer dans des pièces de boulevard au Théâtre Michel et passe d’un théâtre à un autre avec une petite troupe composée de Jean Sablon, Viviane Romance et Suzy Delair. Enfin, il entre au Casino de Paris où il rencontre Madeleine, une danseuse qu’il épouse en 1937.
Mais la guerre éclate. Mobilisé puis fait prisonnier en 1940, il réussit à s’évader du stalag et part en Zone Libre où il tourne dans plusieurs films. C’est ainsi que commence pour lui une longue filmographie (110 longs métrages) avec une prédilection pour les rôles de méchants et de durs. Il faut dire qu’il bénéficie du physique de l'emploi : une "gueule" encadrée de larges épaules... Aussi, s’agit-il d’incarner un robuste gangster, un patron de bistrot, un ouvrier parisien, les réalisateurs font immédiatement appel à lui. 


Mais ce "méchant de pellicule" cache en réalité un grand cœur dévoué aux plus malheureux. Il est longtemps le vice-président de La Roue Tourne, une association d’entraide créée pour aider financièrement les artistes dans le besoin.
S’il tourne dans de nombreux films de série B, des "nanars", comme il l’avouait, on le voit cependant dans :
- L’auberge Rouge (1951) de Claude Autant-Lara,
- Le Président (1960) d’Henri Verneuil,
- dans la série des Angélique, marquise des Anges,
- Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages (1968) de Michel Audiard,
- Laisse aller, c’est une valse (1971) de Georges Lautner,
- Le viager (1972) de Pierre Tchernia,
- Le magnifique (1973) de Philippe de Broca,
- Les vécés étaient fermés de l'intérieur (1975) de Patrice Leconte et
- Le piège à cons (1979) de Jean Pierre Mocky.
Au cours de sa longue carrière, il donne la réplique à (excusez du peu !) Raimu, Maurice Chevalier, Simone Signoret, Bourvil, Fernandel, Yves Montand, Edwige Feuillère, Danielle Darrieux, Jean Gabin, Francis Blanche, Jacques Dufilho, Claude Brasseur, Robert Hossein, Magali Noël. Bernard Blier, Jean Yanne, Brigitte Bardot, Serge Gainsbourg, Mireille Darc, Michel Serrault, Michel Galabru, Philippe Noiret, Annie Girardot, Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort et Coluche, et bien d’autres... 


Lassé de Paris, il s’installe en location en 1966 à Croissy, dans un petit et modeste pavillon de la rue des pâquerettes. Un refuge qu’il ne quittera plus désormais.
Entouré de ses chiens, chats et nombreux oiseaux, il se plaît dans notre ville et s’investit même dans les animations. On le voit en février 1968 présenter et animer le gala du club des Jeunes de Croissy dans la salle des fêtes du château. Pour l’occasion, il invite sur scène son vieil ami l’acteur Eddie Constantine.


A la fin des années 1970, il écrit le scénario de deux comédies : Plein les poches pour pas un rond avec Jean Lefèvre et Michel Constantin et Horoscope avec Alice Sapritch et Michel Galabru. Il fait également un peu de télévision, notamment dans les séries policières Le commissaire Moulin et Maigret.
Retiré du monde du spectacle à partir de 1982, Robert Berri s’éteint le 22 novembre 1989. Il repose au cimetière de Croissy, rejoint par son épouse quelques années plus tard. 


Article paru dans "Côté Croissy" n° 39 - juillet 2009.



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