L’action sociale à Croissy

De la charité privée aux aides publiques, l'action sociale s'est progressivement et efficacement organisée depuis deux siècles. Zoom sur l’histoire de la solidarité dans notre ville. 

Sous l’ancien régime, l’assistance et la charité constituent un devoir personnel mais relèvent surtout des œuvres de l’Église. On observe toutefois pour Croissy quelques rentes généreusement accordées par les seigneurs et les notables au profit des « indigents ». Mais c’est avec la Révolution qu’apparaît l’idée selon laquelle l’assistance est un devoir des pouvoirs publics et un droit pour le citoyen. Pour la première fois, la loi accorde aux pauvres le droit à la solidarité publique. C’est ainsi qu’un Bureau de bienfaisance voit le jour à Croissy le 7 thermidor an IX.
Présidé par le maire, composé de membres de la municipalité et financé par une rente sur l’État et par des quêtes et des legs, il est chargé de porter des secours en nature aux villageois les plus modestes. 


Sur les 500 habitants que compte Croissy au début du XIXe siècle, une dizaine de foyers en bénéficie. Ce sont des "vieillards infirmes" ne pouvant plus travailler, des veuves sans revenus et des ouvriers agricoles que la cessation des travaux des champs prive de ressources en hiver. Le Bureau distribue chaque semaine du vin, du pain, du pot-au-feu, de la viande et des fagot de bois.


En 1850, le legs de 150.000 francs du marquis d’Aligre à la commune marque un véritable tournant dans l’histoire sociale de Croissy. Outre la construction d’une Maison de Charité abritant une communauté de religieuses prodiguant soins et secours aux plus démunis, le legs accroît considérablement les recettes du Bureau permettant la création d’un service médical gratuit assuré par les médecins locaux, la prise en charge des placements des vieillards et des malades à l’hospice et hôpital de Saint-Germain, la délivrance de médicaments et la distribution de vêtements chauds et de chaussures.
Certes, la liste des indigents s’allonge tout au long du siècle mais, comme l’affirme l’instituteur en 1899 dans sa monographie communale : "On peut dire que s’il y a des pauvres, il n’y a point de malheureux à Croissy". 


A la même époque, le maire Victor Rousseaux fonde La Fraternité, une société de secours mutuels permettant à ses membres (ouvriers, employés et artisans croissillons) d’obtenir des soins et des secours en cas de maladie ou d'infirmité. Une initiative locale intéressante, ancêtre direct de notre assurance maladie.


De village rural, Croissy devient dans l’entre-deux-guerres une petite ville de banlieue. Une population nouvelle de locataires (employés et ouvriers) s’y est installée. La crise des années 1930 conduit le Bureau à mettre en place de nouvelles prestations : une crèche-garderie, la distribution de charbon, un service médical de protection maternelle et infantile, une assistance aux chômeurs.
Après guerre, sont créés les repas pour les personnes âgées ainsi qu’un "foyer des anciens" dans le parc de la mairie. 

Le Bureau de bienfaisance est remplacé en 1953 par le Bureau d’aide sociale (BAS). Les aides sociales sont redéfinies et augmentées, notamment l’aide au logement. Car la crise du logement frappe aussi Croissy qui compte de nombreux locataires précaires. La cité d’urgence Labiche est édifiée en 1955 tandis que de grands immeubles HLM voient le jour dans les années 1958 à 1970 (avenue Carnot, route du roi et rue des ponts).

A une logique de simple assistance succède dans les années 1970-80 une dynamique d'action sociale destinée essentiellement aux seniors : animations, transports, repas et voyages. Suite aux lois de décentralisation, le BAS devient en 1986 le Centre communal d’action sociale (CCAS). Il participe à l'instruction des demandes d'aide sociale légale (demandes de logement, RMI, etc.) et instruit les demandes d'aide sociale facultative aux seniors, aux personnes à mobilité réduite et aux familles en difficulté : secours d'urgence, bons alimentaires, portage des repas à domicile, téléassistance. 


Article paru dans "Côté Croissy" n°35 - novembre 2008.



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