La sécurité à Croissy

Des gardes seigneuriaux à la police municipale, retour sur plusieurs siècles de veille sur "le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la tranquillité publique" dans notre petite ville.

Sous l’ancien régime, les pouvoirs de police (exclusivement rurale) sont exercés à Croissy par un garde-messier élu chaque année par l’assemblée des villageois.
Il a principalement pour mission la surveillance des récoltes. Les crimes et délits pénaux commis à Croissy relèvent, selon leur nature et leur gravité, de la justice seigneuriale ou royale. Les seigneurs de Croissy, hauts justiciers, exercent en effet leur droit de police et de justice par l’intermédiaire de leur prévôt qui prononce les sentences (le gibet de l’avenue des tilleuls en est un des vestiges…).


Sous la Révolution, avec la disparition du système féodal, le pouvoir de police est transféré au maire qui a la lourde charge de veiller à la sécurité de ses concitoyens.
En 1790 est publié le tout premier règlement de police imposant notamment la fermeture des débits de boisson à 22 heures, interdisant le travail le dimanche, obligeant le balayage devant les portes chaque dimanche, interdisant la mendicité et réglementant (déjà !) la circulation et le stationnement des voitures et charrettes sur la voie publique...


Le bonne exécution en est assurée par deux gardes communaux élus chaque année par les habitants de la commune.
Il faut attendre 1808 pour voir l’embauche du tout premier garde champêtre recruté directement par le maire. Prêtant serment devant le juge de paix du canton, il devient un agent de la force publique par son inscription au registre de la gendarmerie de Chatou qui peut le requérir et avec qui il partage une mission de police commune.
Il est chargé d’adresser les procès-verbaux des délits constatés au juge de paix ou au procureur de la République : vols, bagarres, surveillance des bals et des fêtes, inspections sanitaires, police des bains (le port d’un "costume de bain" est obligatoire sur l’île à partir de 1852), police funéraire, police rurale. Bref, il ne chôme pas…
Malheureusement, les conditions d'embauche (ancien militaire pensionné) limitent considérablement le nombre des candidats. Le métier est très mal rémunéré et les maires recherchent surtout un "homme à tout faire", sûr et fidèle.
Jusqu’en 1830, ce problème de recrutement porte préjudice au métier, à l’image des nombreux gardes-champêtres de cette époque en contradiction avec le sérieux de la fonction : buveur notoire, ami des voleurs, voir un des leurs...
Le premier garde est destitué au bout de quelques années, car il est "dans un état perpétuel d’ivresse, d’une insouciance et d’un tolérance absolument inexcusables". Son successeur est à son tour renvoyé pour "faux procès-verbaux, négligence de service et manque de tempérance"…
Mais d’autres gardes champêtres plus sérieux et consciencieux seront gratifiés et félicités pour leur conduite et leurs actes de courage dans des affaires criminelles. 



Devenu un des personnages incontournables du paysage communal avec le maire, le curé et l'instituteur, on voit le garde champêtre veiller scrupuleusement à l’application des arrêtés municipaux, par exemple l’interdiction aux jeunes gens de se rassembler tardivement dans les parcs publics (en 1902) ou la limitation de la vitesse des automobiles à 10 km/h dans la traversée de la ville (1912).
A partir de 1941, la sécurité publique devient une prérogative de l’État. C’est désormais à la police nationale installée au commissariat du Vésinet qu’incombe localement cette mission. Mais elle ne dispose pas toujours des moyens humains suffisants pour en assurer pleinement tous les aspects. 


C’est pourquoi la police municipale de Croissy a vu le jour en 1990, lui apportant un nécessaire soutien. Sous l’autorité directe du maire, ses missions essentielles sont d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité publique, et de faire appliquer les arrêtés municipaux.


Article paru dans "Côté Croissy" n°33 - juillet 2008.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire