Jules Colombier (1809-1884) : créateur de la Sacem

En 1884 disparaissait l'éditeur de musique Jules Colombier, maire de Croissy et fondateur d'une institution aujourd'hui incontournable... la SACEM.

Collection privée - DR

D'origine modeste, Jules est né en 1809 dans un petit village de l'Oise. A l'âge de 16 ans, il décide de gagner la capitale. D'abord embauché comme apprenti chez l'éditeur Lecointe, il va découvrir sa vocation en travaillant comme commis-libraire chez les grands éditeurs et marchands de musique de l'époque : Charpentier, Janet & Cotelle puis Meissonier.

C'est en 1838 qu'il achète de Petit le fonds d'édition qu’il va considérablement enrichir pour devenir rapidement l’un des principaux commerces parisiens de musique.
Malgré les soins et le travail que réclame sa librairie "À la Lyre Moderne", Jules trouve toujours le moyen de mettre au service des autres une bonne partie de son temps, en participant notamment... à la création de la SACEM.
Un soir de 1847, un certain Ernest Bourget (un des auteurs édités par Jules) pénètre dans un café-concert. Là, surpris, il découvre qu'on est en train d'interpréter une de ses œuvres. Fâché, il refuse de régler ses consommations puisqu'on ne rémunère pas l'auteur des morceaux joués... De là, il intente un procès contre ces "voleurs de musique". Cautionné par Jules, il obtient gain de cause. Mais les cafetiers parisiens et leurs musiciens ne l'entendent pas de cette oreille et continuent d'exploiter ses œuvres. Excédé, Ernest Bourget intente un second procès. Il en ressort vainqueur. À la suite de ces événements fâcheux, Jules a l'idée de fonder avec Ernest Bourget et les musiciens Paul Henrion et Victor Parizot, un syndicat des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique appelé l'agence centrale pour la perception des droits des auteurs et compositeurs. Syndicat qui deviendra en 1851... la SACEM.

Séduit par le charme de notre commune Jules y achète en 1849 une élégante petite maison néogothique située avenue des Tilleuls.
Il y occupe également le fauteuil de maire de 1875 à 1881. C'est grâce à ses relations et à son infatigable activité que la petite ville doit la construction de sa nouvelle église, l'établissement d'un bureau de poste et du premier réseau d'égout.
Respecté, "le vénérable éditeur" s'éteint le 19 janvier 1884 dans son appartement de la rue Vivienne à Paris. Il repose au cimetière de Montmartre.

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