Le gibet de Croissy

Le long de l’avenue des tilleuls, au bord du trottoir côté Seine, six énigmatiques pierres au pied d’une croix. Ce sont les derniers vestiges des exécutions capitales de l’époque féodale.

Carte postale éditée en 1905
Archives municipales 4Fi1641

Jadis, les seigneurs de Croissy avaient le droit de Haute Justice sur leur terre. Ils pouvaient y prononcer toutes les peines, y compris la peine capitale.

Des montants de bois de section carrée venaient se loger dans six pierres rondes destinées à assurer la base de trois potences, appelées aussi fourches patibulaires

Un des socles des potences

Elles étaient constituées chacune de deux poteaux supportant une traverse à laquelle étaient pendus les suppliciés. Les corps y restaient exposés, à la merci des corbeaux, toute inhumation leur étant défendue.

Symbolique et dissuasif, ce gibet avait été installé à l’écart du village, sur un lieu de passage - la route reliant Chatou à Croissy - pour représenter le pouvoir tout puissant du seigneur au regard des passants mais aussi… pour décourager d’éventuels criminels.

Le gibet au bord de l'avenue des tilleuls - détail du terrier de Croissy, 1781
Archives municipales 3S1

Le site a été complètement réaménagé en 1899 par l’architecte parisien Lucien Tropey-Bailly.
C’est un des rares gibets encore visibles en France.


Le pilori destiné aux humiliations publiques et aux punitions corporelles était situé au coin de la grande rue et de la rue de l’abreuvoir. Il a par contre complètement disparu depuis longtemps…


Article paru dans "Coté Croissy" n°91 - décembre 2018

Antonine Pélissié (1841-1925) : gloire croissillonne de l’Odéon

Mademoiselle Antonine, de son vrai nom Marie-Henriette Mayliand, a été l'une des actrices vedettes des théâtres parisiens de 1860 à 1890. Elle fut aussi, pendant plus de quarante ans, la propriétaire d’une coquette villa à Croissy, son « refuge ».

Antonine en 1878 par Mulnier (détail)
Archives municipales 4Fi3235
« Des pieds de petit Chinois,
La musique d’une voix,
Des mains dont on pourrait dire
Qu’un baiser les ganterait,
Trente-deux perles de lait
Dans l’écrin d’un frais sourire !
De l’esprit de la gaîté,
Un talent fin, très goûté,
Telle est cette blonde actrice,
Qui pendant longtemps pleura
- Comme Calypso - l’ingrat
Ulysse !...
 »
(Henri Tessier).

Tout au long de sa longue carrière, « Mademoiselle Antonine sut, par sa vive intelligence, faire valoir une quantité de rôles où l’on venta son élégance, sa grâce et son esprit ». 

Fille naturelle d’une comédienne parisienne - Mademoiselle Juliette - Antonine naît à Paris en 1841. Élève du comédien Paul-Louis Leroux, sociétaire de la Comédie-Française, elle débute sur les planches à l’âge de 18 ans au théâtre du Gymnase où elle tient l’emploi de jeune première, « la plus ravissante des ingénues ». Jusqu’en 1865, elle y joue dans une quinzaine de pièces.
Après une saison au théâtre de la Gaîté-Montparnasse, elle intègre en 1866 la troupe des comédiens du théâtre de l’Odéon. Amie et voisine croissillonne de Félix Duquesnel, directeur du théâtre, elle y reste à l'affiche pendant 25 ans. Son accent très parisien - « le grasseyement particulier aux indigènes de la capitale » - a fait sa renommée. En 1867, une jeune comédienne débutante nommée... Sarah Bernhardt est régulièrement la doublure d’Antonine sur les planches de l'Odéon. 


Le Figaro - 30 septembre 1880
BNF/Gallica

Photographiée par Nadar et Ferdinand Mulnier, Antonine fait son autoportrait dans le journal Le Gaulois en 1881 : « Il me semble que je laisserai, dans la galerie des contemporaines, un médaillon assez original, au nez à la fois solennel et badin, aux yeux ronds mais bien coupés, aux lèvres fines mais gourmandes ».


Antonine en 1880. Cliché Nadar
BNF/Gallica FT4-NA-236(1)

Au cours des années 1880, c’est à Croissy que l’actrice est la victime d’une tragique escroquerie, une épreuve douloureuse qui fait les grands titres dans la presse quotidienne nationale. Âgée de 40 ans et demeurée jusque-là célibataire, Antonine a rencontré un jeune parisien, neveu de l’un des principaux agents de change de la capitale. Rapidement, il conseille à l’actrice de placer, par son intermédiaire, toute sa fortune dans la charge de son oncle. Ce qu’elle fait sans hésiter. Elle achète « un délicieux petit cottage » à Croissy, à l’angle de la route du roi et de la rue des Courlis. Une maison qui appartenait auparavant au dramaturge Émile Augier. Les deux amants y roucoulent quelques mois « mais les frais d’une installation somptueuse, les notes de tapissiers, l’entretien des chevaux et des voitures épuisèrent rapidement le restant de la cassette de l’actrice ; il fallut recourir aux 300 000 francs déposés chez l’oncle. »

Antonine se rend alors à Paris chez l'agent de change. Abasourdi, le respectable financier lui répond qu’il n’est au courant de rien et qu’il n’a jamais reçu d’argent de sa part. L’actrice comprend alors qu’elle a été dupée et que le faussaire et l’amoureux ne sont qu’une seule et même personne. A son retour à Croissy, son jeune amant a déjà disparu avec ses affaires, il est en route vers la frontière.

La villa d'Antonine à Croissy
Archives municipales 4Fi3236

Après un quart de siècle passé sous les feux de la rampe, Antonine quitte la scène en 1892. Retirée du monde du spectacle, elle alterne sa retraite méritée entre son appartement parisien du boulevard Malesherbes et sa maison de la route du roi à Croissy.
Elle meurt chez elle, à Paris, en juin 1925, à l’âge de 84 ans.
La grande actrice qui vit débuter Sarah Bernhardt dans son ombre est aujourd’hui tombée dans le plus grand des oublis…

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Sources :
Archives municipales : matrices cadastres 1G3-8, dossier documentaire 1BIO_PEL.

Archives de Paris : état civil numérisé 17D232.
Bibliothèque nationale / Gallica : Le Figaro du 30 septembre 1880, Le Gaulois du 18 septembre 1881,
Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français, Paris, 1902, vol. I, pp. 35-36.

La bicyclette Déesse, une page glorieuse du passé industriel de Croissy

Après avoir été l’usine pionnière où les premières motos ont été fabriquées en série en France, la manufacture du chemin de ronde a été, à la toute fin du XIXe siècle, le lieu de production de la célèbre bicyclette anglaise Rudge, commercialisée en France sous le nom de Déesse.

Affiches publicitaires pour la Déesse (1895/1896)
A gauche BNF/Gallica ENT-DN-1(PAL/1)
A droite Archives municipales 4Fi3224

Au cours des années 1890, tout autour de Paris, on assiste à l’essor de la mode du cyclisme (on parle alors de "vélocipédie") qui succède à celle du canotage. En 1894, la compagnie britannique Rudge Cycles, « la plus ancienne et la meilleure marque de cycles du monde », peine à suffire aux demandes de plus en plus pressantes qu’elle reçoit de tous les pays. A Paris, son agence se voit contrainte de refuser des milliers de commandes. Pour parer à ces insuffisances et pour éviter les droits de douane et de transport, la compagnie anglaise envisage de construire une usine dans la banlieue parisienne pour la fabrication des Rudge destinés au marché français. Deux champions cyclistes, l’Anglais Herbert Duncan et le Français Louis Suberbie, s’associent. Ensemble, ils négocient avec la compagnie britannique la fabrication et la commercialisation des cycles Rudge sous le nom de Déesse (de D.S., initiales des deux créateurs).


Publicités parues en 1895 dans Le Figaro (BNF/Gallica)

Devenus fabricants-concessionnaires et seuls titulaires de la licence pour la France et l’Espagne, ils installent en 1895 les ateliers dans leur usine de Croissy, d’où sortent déjà les Pétrolettes. Ils font venir plusieurs ouvriers britanniques « parmi les gens les plus habiles » qui leur permettront de bénéficier « du concours technique expérimenté d’une des plus grandes manufactures anglaises ». On trouve en effet dans les registres d’immatriculation des étrangers conservés aux archives municipales, les déclarations de résidence de plusieurs mécaniciens britanniques employés à l’usine croissillonne. Ils sont tous logés à la Cité Rudge construite aux abords de la manufacture.


"Les Forges et Usines de Croissy" en 1895
Archives municipales 2Fi31

En mai 1896, Lucien Charmet, ingénieur des Arts et Manufactures, prend à son tour la direction de la manufacture de Croissy. Le point de vente se trouve au 16 rue Halévy, dans le IXe arrondissement de Paris. La Déesse connaît un énorme succès. L’usine, transformée et organisée sur le modèle de sa sœur aînée de Coventry, emploie désormais de nombreux ouvriers dans les différents ateliers.


Depuis le chemin de ronde, l'allée des machines mène directement à l'usine de la Déesse
La Revue illustrée (BNF/Gallica)

« L’éloge de la Déesse n’est plus à faire, sa réputation est établie sur des preuves solides et ne peut plus augmenter. C’est en effet la machine pratique et élégante par excellence. Quoi de plus ravissant que la Téléscopique ? Sa finesse et sa légèreté n’ont pas de rivales sur le marché, et le public, en l’appréciant à sa juste valeur, en fera la favorite de la saison prochaine. Croyez-vous à l’avenir des machines sans chaînes ? L’usine de Croissy vous présente la Chainless, munie de tous les derniers perfectionnements et d’une supériorité incontestable dans ce genre. […] L’affiche de la maison Rudge est d’ailleurs une des plus jolies qui se voient sur les murs de Paris » (La Revue Illustrée, 15 décembre 1896).
« L’usine de Croissy, que dirige M. Lucien Charmet, est maintenant l’une des manufactures de cycles les plus prospères. Les bicyclettes qui sortent de ces ateliers sont, en effet, des merveilles de précision très recherchées des connaisseurs » (Le Gaulois, 27 juin 1897).


Facture à en-tête, 1898
En médaillon à gauche, l'usine de Coventry (en haut), l'usine de Croissy (en bas)
Archives municipales 5J36

La manufacture croissillonne ferme ses portes en 1900. Un page glorieuse, mais brève, se tourne pour l’établissement industriel du chemin de ronde. 

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Sources :
Archives municipales : dossier documentaire sur l’usine Duncan & Suberbie CRO 065 ; registres d'immatriculation des étrangers 2J2 ; établissements industriels classés - dossier usine du chemin de halage 5J36.
Bibliothèque nationale de France / Gallica : Le Véloce-Sport du 3 janvier 1895, Le Figaro des 12 et 22 avril 1895, La Revue illustrée du 15 décembre 1896, Le Gaulois du 27 juin 1897.

Félicie Trumeau et la Grenouillère

La Grenouillère ? Une affaire de femme !
En 1852, le véritable créateur de la Grenouillère ne fut pas comme on le dit souvent le père Seurin…. mais son épouse, Félicie Trumeau.
Portrait de la toute première entrepreneuse croissillonne.

 

Rien ne prédestinait Félicie à devenir un jour la patronne de la célèbre Grenouillère. Elle est née en 1823 à Bougival dans une vieille famille du village. Son grand-père, qui était arpenteur-juré, en a même été le maire de 1800 à 1816. D’ailleurs, du temps de Félicie, le bas de la rue principale de Bougival s’appelle rue Trumeau, c’est en partie l’actuelle rue du Général-Leclerc. Félicie est la dernière-née, elle a deux grandes sœurs. De petite taille, elle souffre d’une « déviation importante de la colonne vertébrale ».

En été 1847, elle rencontre lors du bal de la fête communale un jeune ouvrier originaire de Triel et employé depuis quelques semaines à Bougival. Le jeune homme, Pierre Crété, est pauvre et ne sait ni lire ni écrire ; Félicie a fréquenté l’école de filles et possède déjà quelques économies… Bossue mais dotée ! Les deux jeunes gens se marient à Bougival à l’automne suivant. Félicie est déjà enceinte. Leur contrat de mariage est significatif, lui n’apporte pratiquement que ses propres vêtements et effets mobiliers quand elle apporte un trousseau de 800 francs et pas moins de 1000 francs de terres. Le jeune couple s’installe en location dans le quartier de la Chaussée. Leur fille, Louise, y naît peu après.

Pierre Crété est employé chez Souvent, un des dix patrons pêcheurs que compte alors Bougival. Quelques mois plus tard, un des pêcheurs met en vente une maison qu’il possède à Croissy. Félicie a l’idée d’acheter ce bien. Elle hypothèque ses terres, s’endette, et le jeune couple s’installe à Croissy à la fin de l’année 1848. La maison est située à l’angle sud du carrefour de la grande rue et de la rue de l’abreuvoir. C’est une petite maison ancienne d’un seul étage et sans terrain mais bien placée, en plein cœur du bourg.
Pierre Crété s’établit pêcheur à Croissy. Félicie lui a acheté un bateau et un filet puis a payé la sous-location du droit de pêche sur le bras droit de la Seine vis-à-vis à Croissy. De son côté, elle s’improvise patronne de restaurant et marchande de vins. Dans la petite pièce du rez-de-chaussée, elle sert le vin des coteaux paternels de Bougival et les poissons pêchés par son mari, cuisinés en friture ou en matelote.


Mais quelques mois plus tard, en 1849, un terrible drame.
L’épidémie de choléra qui sévit depuis plusieurs semaines à Paris (20 000 morts) et dans la région arrive à Croissy : en quelques jours, on y relève plus de vingt décès. Pierre Crété meurt le soir du 2 juin. La mère de Félicie, venue l’aider, meurt à son tour le surlendemain… Pour Félicie, c’est le drame, elle se trouve à 25 ans, orpheline, veuve et mère d’une fillette d’à peine un an. 

Félicie rencontre à Bougival François Seurin, un jeune paysan de vingt ans (cinq ans de moins qu’elle), venu du fin fond de la Normandie et cherchant de l’emploi. Il ne sait manier ni le filet ni la nasse mais qu’importe, elle l’engage comme garçon pêcheur. Elle en a bien besoin car elle ne peut tenir son affaire toute seule.

La jeune veuve bossue l’émeut et… finalement il reste auprès d’elle. Ils se marient à Croissy en été 1850. Félicie est propriétaire de tout : la maison, le fond de commerce et le mobilier. L’année suivante, elle finance l’achat pour sept ans de la concession du bac nouvellement créé entre Rueil et Croissy. François, jusque-là seulement pêcheur, devient aussi passeur.
Après la mort du centaure Birot, Félicie a compris qu’elle pourrait faire de bonnes affaires en installant quelques cabines de bain et une buvette sur la digue reliant l’île de Croissy à celle de Chatou. C’est un terrain qui appartient à l’État. En mai 1852, une affiche de la mairie de Croissy annonce l’installation imminente de ce qui devient rapidement… la Grenouillère. Les années suivantes, l’établissement s’agrandit tout autour du « camembert » (petit ilot planté d’un arbre) avec l’aménagement des bains froids (une plage de 12 mètres de long), la construction d’un ponton abritant les bains chauds « chauffés au bois », un stand de tir, un kiosque où Félicie vend ses plats, ses boissons et loue des maillots et serviettes de bain, et enfin une large tente qui abrite tables et chaises.


A la belle saison, la Grenouillère attire une foule énorme de Parisien(ne)s. 



A gauche, de dos, la silhouette caractéristique de Félicie
Détail de l’Album des Canotiers, 17 mai 1860, Musée des Lettres et Manuscrits, collection particulière

La Grenouillère a un pied dans l’île mais aussi un autre dans le vieux Croissy.
Félicie et François ont acheté une maison au n°5 bis grande rue (détruite en 1968), maison qu’ils font surélever d’un étage et aménager en hôtel meublé, restaurant et débit de boissons. Il y a à l’arrière un jardin avec une belle terrasse et des tonnelles, un pavillon y est même construit pour abriter un billard. Ils achètent peu après la maison voisine du n°7. L’hôtel restaurant est ouvert toute l’année car la Grenouillère sur l’île ne fonctionne qu’en été. L’entreprise « SEURIN-TRUMEAU » emploie plusieurs salariés pour la cuisine et le service.
En 1853, le couple a un enfant, leur unique fils, Émile-Paul. 



L’hôtel restaurant Seurin-Trumeau, n°5 bis grande rue
Détail de l’Album des Canotiers, 13 mai 1860, Musée des Lettres et Manuscrits, collection particulière

Félicie apportant un plat dans la salle de l’hôtel restaurant, n°5 bis grande rue
Détail de l’Album des Canotiers, 22 juillet 1860, Musée des Lettres et Manuscrits, collection particulière

En 1859, un nouvel établissement, plus ambitieux, voit le jour : deux péniches sont amarrées sur les bords de l’île côté Rueil (l’une abrite une vaste salle de restauration, l’autre 34 cabines), une école de natation est créée, mais aussi un atelier de construction, location et réparation de canots, une quinzaine de petits chalets loués à la journée ou à la semaine. Ce sont les installations décrites par Guy de Maupassant et immortalisées par les peintres Claude Monet et Auguste Renoir en 1869. Cette année-là, la Grenouillère reçoit la visite imprévue de l’empereur Napoléon III, de l’impératrice et de la Cour. L’exclamation de Félicie, paniquée, est restée célèbre : « Ah, si j’attendais quelqu’un aujourd’hui, ce n’était pas vous ! »
Enfin, en 1879, Joseph Markowski, célèbre entrepreneur parisien de bals publics, lance sur le bateau-ponton la toute première édition du Bal de la Grenouillère. Le bal connaitra un vif succès tout au long des années 1880.


En-tête de facture, années 1860
Archives de Croissy, 4H6

Félicie a 58 ans quand, en 1881, le couple cède la Grenouillère à Alfred Saintard, un boulanger de la grande rue. Après près de trente ans passés à la tête de l’établissement, Félicie et son époux décident de quitter définitivement Croissy. Ils partent s’installer sur une autre île de la Seine, dans la banlieue nord de Paris.

Quelques années plus tard, devenue  veuve, Félicie s’est retirée dans son Bougival natal où elle décède à l’âge de 75 ans.

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Sources :

Archives de Croissy : fonds iconographique 2Fi, registres d’état civil 1E, recensements de population 1F, passage d’eau de la Grenouillère, 3O1.
Archives départementales des Yvelines : minutes de l’étude notariale de Bougival 3E4, minutes de l’étude notariale de Chatou 3E6, location de la digue de l’île de Croissy 3S1062, état civil de Bougival, 5Mi864-865bis.
Bibliothèque nationale de France / Gallica : Le Matin, 16 août 1898.
Musée des Lettres et Manuscrits : Album des canotiers 1859-1861, collection privée.